Assurer une copropriété en résumé :
L’assurance copropriété est obligatoire et couvre la responsabilité civile du syndicat ainsi que les parties communes de l’immeuble.
Chaque copropriétaire doit aussi souscrire une assurance habitation (occupant ou non-occupant) couvrant sa responsabilité civile et ses biens.
En cas de sinistre, la déclaration incombe au syndic ou au copropriétaire concerné selon l’origine (commune ou privative), avec application possible de la convention IRSI pour simplifier l’indemnisation.
Le contrat est généralement annuel à tacite reconduction, choisi et voté en assemblée générale par le syndicat, avec possibilité de résiliation à la date anniversaire.
- Une assurance obligatoire pour les copropriétés
- Que couvre une assurance copropriété ?
- Qui doit y souscrire ?
- Qui paie les primes d'assurance ?
- L'assurance des occupants de la copropriété
- Fonctionnement en cas de sinistre
- Comment choisir son assurance de copropriété ?
- Quand et comment changer d'assurance ?
15/04/2025
9 minutes
L'assurance copropriété permet de couvrir la responsabilité civile de la copropriété ainsi que les parties communes d'un immeuble en cas de sinistre. Elle est complétée par l'assurance habitation des propriétaires et des locataires. Que couvrent les différentes assurances ? Que faire en cas de sinistre au sein d'une copropriété ? Découvrez notre guide sur l'assurance copropriété.
Une assurance obligatoire pour les copropriétés
Un immeuble en copropriété est couvert par deux types d’assurance :
- L’assurance collective de la copropriété en responsabilité civile qui couvre les dommages causés par l'immeuble à des tiers
- L’assurance habitation de chacun des copropriétaires et des locataires qui couvrent les dommages provenant des parties privatives
Bon à savoir : La copropriété désigne tout immeuble ou groupe d’immeuble dont la propriété est répartie par lot entre plusieurs personnes. Chacun dispose donc d’un lot comprenant une partie privative (appartement, cave, garage, etc.) et une quote part des parties communes (hall, escaliers, jardin, etc.).
La copropriété peut décider d'étendre la couverture aux dommages causés à l’immeuble en souscrivant une assurance multirisque immeuble (MRI) incluant une garantie de dommages aux biens.
Attention cependant, les syndicats de copropriété ne sont pas obligés d’assurer l’immeuble ou le groupe d’immeubles contre les dommages causés à l’immeuble lui-même. Il faut savoir qu'un grand nombre de règlements de copropriété impose cette assurance dommages.
Que couvre une assurance copropriété ?
L’assurance copropriété est une couverture d’assurance collective. Elle couvre donc les parties communes de l’immeuble en copropriété grâce à :
- La responsabilité civile de la copropriété
- L’assurance dommages causés à l’immeuble (facultative)
Bon à savoir : Le syndicat peut décider de ne souscrire qu’à la responsabilité civile, qui est obligatoire, ou bien d’y associer l’assurance dommages pour être couvert au mieux.
La responsabilité civile
La responsabilité civile de la copropriété couvre les personnes victimes de dégâts (copropriétaires ou personnes extérieures) provenant des parties communes de l’immeuble comme une chute de tuile ou de pan de mur, des blessures causées par une porte mal fixée ou un escalier glissant, etc, mais également les sinistres causés par une personne en charge de la tenue de l’immeuble, comme le gardien par exemple.
Les dommages à l’immeuble
Les dommages causés à l’immeuble peuvent également être couverts si le syndicat souscrit à cette couverture non obligatoire. En règle générale, ce contrat d’assurance est un contrat dit multirisque immeuble ou MRI, qui prend en charge les sinistres suivants :
- Les dégâts des eaux : débordements, fuite de canalisations etc.
- Le vol : notamment dégâts causés par les cambrioleurs.
- Les incendies, la foudre, les explosions ainsi que les dommages provoqués par la fumée et les pompiers.
- Les tempêtes, la grêle et les dégâts provoqués par la neige sur les toitures.
- Les catastrophes naturelles : avalanches, tremblement de terre etc.
- Les catastrophes technologiques : lorsqu’il y a un arrêté de catastrophe technologique.
- Les bris de glace : détériorations ou casse de glaces des parties communes, de séparations vitrées entre les balcons et terrasses etc.
Ne sont généralement couvertes que les parties communes de l’immeuble.
Bon à savoir : Le contrat d’assurance doit également comporter une clause stipulant que l’assureur ne poursuivra pas le copropriétaire responsable d’un sinistre, ni le syndic en cas de sinistre. En effet, les copropriétaires sont tous considérés comme des tiers entre eux, cela garantit le remboursement de leurs biens en cas de dommages.
Les garanties en option
En plus des garanties citées ci-dessus, les contrats peuvent également inclure certaines garanties en option comme :
- La prise en charge des honoraires de l’expert mandaté par l’assuré lors d’un sinistre
- Les dommages électriques liés à un appareil en surtension
- Les frais de déblayage des décombres
- Les frais de recherche lors de fuites d’eau
Pour savoir ce que couvre exactement l’assurance de votre copropriété, n’hésitez pas à bien lire votre contrat d’assurance.
Qui doit y souscrire ?
L’assurance de copropriété doit être souscrite par le syndicat de copropriété. L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 précise que c’est une décision collective initiée par le syndic, qui doit être ensuite votée par l’assemblée générale.
Dans le cas où la majorité n’est pas atteinte lors du vote de l’assemblée générale, l'article L. 112-1 du Code des assurances indique que l'assurance peut être contractée par le syndic pour le compte du syndicat des copropriétaires.
Bon à savoir : Tous les copropriétaires d’une copropriété sont réunis en syndicat. Les décisions prises par le syndicat sont votées lors des assemblées générales. Le syndicat doit également élire le syndic, qui gère la copropriété pour le compte des copropriétaires, et le conseil syndical qui contrôle et assiste le syndic.
Qui paie les primes d'assurance ?
Les primes d’assurance de copropriété sont généralement réglées par les copropriétaires, qui se partagent équitablement le montant de la prime via les charges de copropriété.
Cependant, il existe des exceptions, notamment lorsqu’un copropriétaire est exposé à un risque plus grand que les autres copropriétaires à cause de son bien (restaurant, commerce, local commercial en rez-de-chaussée etc). Dans ces cas-là, le copropriétaire peut être amené à régler une part plus importante de la prime d’assurance copropriété.
L'assurance des occupants de la copropriété
L’assurance est obligatoire pour la copropriété mais également pour les copropriétaires avec néanmoins des nuances selon leur situation.
L'obligation d'assurance pour les copropriétaires
Selon la loi du 10 juillet 1965, chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile, qu’il soit occupant ou non occupant, et chaque syndicat de copropriétaires est également tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile. En d’autres termes, les assurances de responsabilité civile sont obligatoires pour tous les copropriétaires et tous les syndicats de copropriété.
Bon à savoir : Cette obligation a été promulguée par l’article 58 de la loi ALUR de 2014, qui a introduit l’article 9-1 dans la loi du 10 juillet 1965.
Pour les propriétaires occupants
Le propriétaire occupant son logement dans la copropriété a pour obligation, selon la loi ALUR, de souscrire à une assurance responsabilité civile. Cette assurance responsabilité civile permet d’assurer le copropriétaire lorsqu’un sinistre occasionnant des dommage à un tiers (voisins ou personnes extérieures) ou aux parties communes, provient de sa partie privative (logement, garage, cave, etc).
En pratique, le propriétaire occupant souscrit souvent à une assurance que l’on appelle « multirisque habitation ». Cette assurance multirisque habitation permet de couvrir à la fois la responsabilité civile du copropriétaire mais également les dommages infligés à lui-même et à ses biens en cas d'incendie, dégâts des eaux, cambriolage, vol, etc.
Pour les propriétaires non-occupants (propriétaires bailleur ou logements vacants)
Le propriétaire non-occupant doit également souscrire à une assurance, que l’on appelle assurance PNO (Propriétaire Non-Occupant). Ce type d’assurance permet de couvrir les dommages survenus lorsque le logement n’est pas loué, ou lorsque la couverture du locataire est insuffisante.
Bon à savoir : La loi Alur protège également les propriétaires si le locataire du logement refuse de souscrire à une assurance responsabilité civile après une mise en demeure. Le propriétaire peut ainsi contracter une assurance dite « pour compte du locataire ». Le montant de cette prime souscrite par le propriétaire sera reportée sur le loyer du locataire. Si il le souhaite, le propriétaire peut également majorer de maximum 10% cette prime d’assurance, afin de se dédommager des démarches administratives.
L'obligation d'assurance pour les locataires
Le locataire est lui aussi tenu de souscrire à une assurance couvrant les risques locatifs et incluant une responsabilité civile. Il est généralement conseillé aux locataires de souscrire à une assurance multirisque habitation, afin de pouvoir couvrir également ses biens en cas de sinistre. Si le locataire est obligé de souscrire à une assurance responsabilité civile dans son logement principal, il n’est pas obligé d’y souscrire lorsqu’il loue une location saisonnière ou bien qu’il occupe un logement de fonction.
Attention, si un sinistre survient dans le logement non assuré, le locataire sera tenu d’indemniser lui-même le propriétaire et les tiers ayant subi des dégâts ou des blessures, il est donc fortement déconseillé de ne pas s'y soustraire.
Fonctionnement en cas de sinistre
En cas de sinistre issu des parties communes
Lorsqu’un sinistre provient des parties communes, c’est au syndic de déclarer le sinistre à l’assurance de copropriété.
Attention : Selon l’article 3 de la loi de 1965, les parties communes d’une copropriété sont le sol, les cours, les espaces verts, le gros oeuvre, les équipements et locaux communs (local poubelle, garage à vélo, caves communes, etc.).
Pour pouvoir obtenir une indemnisation, le sinistre doit être déclaré à l’assurance dans les 5 jours maximum suivant le sinistre. Attention, les vols eux doivent être déclarés dans les 2 jours, et les dommages en cas de catastrophe naturelle dans les 10 jours qui suivent l’arrêté ministériel.
Le syndic doit déclarer le sinistre à l’assurance de copropriété par lettre recommandé avec accusé de réception. La lettre doit contenir les éléments suivants :
- Le numéro de contrat d’assurance ;
- La date du sinistre ;
- L’origine et le lieu précis du sinistre ;
- Une description précise des dégâts en joignant des photos ;
- Une estimation du montant des pertes et des réparations (Un devis de réparation sera fait par la suite) ;
- Le constat amiable (même si la partie adverse refuse de le signer).
Bon à savoir : Si il y a eu vol dans la copropriété, il faut également déposer plainte dans les 48 heures suivant le vol.
En cas de sinistre issu de parties privatives affectant des parties communes
Lorsqu’un sinistre provient de parties privatives, c’est au propriétaire du bien d’où provient le sinistre de déclarer le sinistre à son assurance.
Bon à savoir : Selon l’article 3 de la loi de 1965, les parties privatives d’une copropriété sont les appartements ainsi que les revêtements des sols et des murs, les plafonds, les fenêtres, la porte d’entrée et les équipements intérieurs.
La recherche de fuite
La fuite d’eau est l’un des sinistres les plus courants au sein d’une copropriété. La première chose à faire en cas de dégât des eaux est de chercher l’origine de la fuite. Depuis le 1er juillet 2020, l'assureur de l'immeuble organise la recherche de fuite uniquement dans les parties commune, et l'assureur du copropriétaire se charge généralement de la recherche dans les parties privatives de son assuré. Un professionnel peut également être appelé pour rechercher la fuite. Dans le rapport d’intervention, il sera indiqué si la fuite d’eau provient des parties communes de l’immeuble ou d’une partie privative.
Les frais qui incombent à la recherche de la fuite d'eau sont pris en charge par l’assureur de la personne à l’initiative de la recherche. Si le Syndic de l'immeuble procède à la recherche de fuite et que la source de la fuite provient d'une partie privative, c'est à l'assureur du copropriétaire de prendre en charge les frais de recherche.
Le rôle de la convention IRSI
La convention IRSI (convention d'Indemnisation et de Recours des Sinistres Immeuble) permet aux copropriétaires d’être indemnisé en cas de dommages liés à un incendie ou à un dégât des eaux, si le total hors taxes des dommages ne dépasse pas 5000€.
Son but ? Simplifier et accélérer les processus d’indemnisation en cas de sinistre.
Pour pouvoir appliquer la convention IRSI, le sinistre doit répondre aux critères suivants :
- Le sinistre doit être un dégât des eaux ou un incendie
- Il doit provenir de l’immeuble ou de l’immeuble voisin
- Les dommages doivent être inférieurs ou égaux à 5000€ HT par local sinistré
- Le sinistre doit engager deux sociétés d’assurance adhérentes à la convention
Lorsqu’un sinistre survient dans une partie privative, c’est l’assureur de l’occupant qui prendra en charge le dossier d’indemnisation, on l’appelle l’assureur gestionnaire. Ensuite, l’indemnisation se fera en fonction du montant des réparations :
- Pour les dommages inférieurs à 1600€ de réparation HT : l’assureur gestionnaire sera en charge d’indemniser les victimes.
- Pour les dommages compris entre 1600€ HT et 5000€ HT : une expertise doit être effectuée par l’assureur gestionnaire pour le compte des autres assureurs, mais ce sont aux assureurs d’indemniser chacun leurs clients.
Comment choisir son assurance de copropriété ?
Pour choisir son assurance de copropriété, le mieux est de demander des devis à plusieurs compagnies d’assurance différentes afin de pouvoir comparer les couvertures, les tarifs et le montant de la franchise. Pour établir un devis, le syndic devra fournir à l’assureur un état des sinistres survenus dans les 3 années précédentes.
Il est également possible de passer par un courtier en assurance, afin de trouver l’assurance copropriété au meilleur rapport qualité/prix. Le professionnel sera alors capable de négocier pour vous des étendues de garanties ou des remises sur le tarif annuel de l’assurance copropriété.
Bon à savoir : Le prix de l’assurance copropriété est généralement calculé en fonction de la valeur du bien, des sinistres passés, de l’emplacement du bien et du risque à couvrir.
Une fois les devis reçus, le syndic est tenu de faire voter le nouveau contrat d'assurance en assemblée générale.
Quand et comment changer d'assurance ?
Les assurances copropriété sont généralement des contrats d’assurance d’un an avec tacite reconduction. Cela signifie que si l’assuré ne demande pas la résiliation de son contrat à la date anniversaire, le contrat d’assurance est automatiquement reconduit.
Il n'est pas possible de changer d'assurance au cours de la première année du contrat. Le syndic peut changer d’assurance copropriété uniquement à la date anniversaire du contrat, en respectant le préavis énoncé par le contrat. Pour cela, le syndic doit envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception demandant la résiliation du contrat d’assurance de copropriété.
Selon la loi 2005-67 du 28 janvier 2005, l’assureur a pour obligation d’informer le consommateur par écrit, entre trois et un mois avant la fin de la période autorisant le rejet de la reconduction, de la possibilité de résilier son contrat d'assurance. Si l’assureur n’informe pas le syndic en temps et en heure qu’il peut résilier son contrat d’assurance copropriété, le syndic peut résilier ce contrat à tout moment et sans frais, à compter de la date de reconduction.
Attention cependant, le syndic devra faire voter le changement d'assurance en assemblée générale pour pouvoir signer un nouveau contrat d'assurance. Mieux vaut donc anticiper le projet de changement d'assureur.
Voir aussi :
- ASL : l'Association Syndicale Libre pour les lotissements
- Les charges du propriétaire à la loupe
- Comment sortir d'une copropriété horizontale ?
- Copropriété horizontale : le guide complet
- Que faire en cas de problème avec son syndic de copropriété ?
- Lotissement : définition et fonctionnement
- La médiation pour régler les litiges en copropriété
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Questions fréquentes sur l'assurance copropriété
Quelle assurance pour un immeuble en copropriété ?
La copropriété doit souscrire obligatoirement une assurance couvrant à minima sa responsabilité civile mais généralement couplée à d'autres garanties : c'est la multirisque immeuble ou MRI.
Qui doit y souscrire ?
C'est le syndic de copropriété (professionnel ou bénévole) qui doit souscrire l'assurance après validation en assemblée générale. Il devra choisir un contrat lui-même en cas de désaccord des copropriétaires en AG, afin de ne pas laisser la copropriété sans assurance.
Quand peut-on changer d'assurance ?
Les assurances immeuble sont souvent reconduites tacitement chaque année. Pour souscrire une nouvelle assurance, il est nécessaire de demander la résiliation du contrat à la date d'anniversaire, en respectant un préavis qui varie selon les contrats. En copropriété, le syndic peut ensuite faire voter la nouvelle assurance lors de l'assemblée générale.
Est-il obligatoire d'assurer un immeuble ?
Oui, s'il est en copropriété, et ce depuis la loi Alur de 2014. S'il est en monopropriété c'est-à-dire si l'ensemble de l'immeuble appartient à un même propriétaire, elle n'est pas obligatoire mais fortement recommandée afin de protéger ce dernier en cas de dommages à un tiers causés par l'immeuble.
Qui paie l'assurance de copropriété ?
Ce sont les copropriétaires par le biais des charges de copropriété et à hauteur de leurs tantièmes respectifs.
Comment changer d'assurance quand on est en copropriété ?
Chaque copropriétaire a le droit de mettre en concurrence l'assurance souscrite par le syndic. Il peut réaliser des devis auprès de différentes compagnies, et mettre à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale le changement d'assurance. Une fois le changement voté, le syndic se chargera de résilier l'assurance actuelle à la prochaine échéance.
Cet article a été confectionné avec beaucoup de soin et d’attention par nos experts afin de vous offrir un éclairage sur le monde de l’assurance. Néanmoins, celui-ci n’a pas vocation à se soustraire aux conseils de professionnels juridiques et immobiliers.
*Prix le plus bas constaté pour une assurance habitation pour la residence principale d'un propriétaire sur une habitation de moins de 200 m2, en France métropolitaine, sur les devis réalisés entre le 01/08/2023 et le 31/10/2024.
